Retour d'expériences !

Un deuxième toit pour les apprentis en milieu rural est un dispositif novateur pour l’emploi des jeunes et le développement des territoires ruraux. Retour d’expériences avec une famille accueillant des jeunes apprentis !

Colette et Jean-Pierre sont respectivement institutrice et professeur de collège à la retraite. Impliqué dans le domaine associatif et dans la vie de leur village de quatre-vingt-dix âmes environ, situé sur l’axe stratégique de Besançon-Pontarlier et Ornans/Valdahon/Morteau, ils passent beaucoup de temps à donner aux autres comme une évidence.
Parents de trois enfants et grands-parents de deux petites filles et de jumeaux à venir, ils ont connaissance des difficultés que peuvent rencontrer les jeunes face à l’emploi. Et nous ne parlons pas que du problème de trouver un maitre d’apprentissage mais aussi des transports et du logement en milieu rural. En effet, combien de jeunes se voient contraint de ne pas donner suite à un contrat d’apprentissage car ils ne peuvent effectuer les voyages uniquement en voiture.
Et pourtant, le développement des territoires ruraux est en plein essor avec des possibilités d’apprentissages auprès des structures agricoles et laitières mais aussi auprès des artisans locaux.
Colette nous fait part d’une réflexion autour de cette problématique depuis 2003, par le Conseil de Développement qui est un espace de dialogues et d’échanges réunissant différents bénévoles. Toutefois, aucune issue concrète ne sera mise en place. Les années passent et dans le cadre de leurs activités associatives et notamment à Familles Rurales, ils apprennent au cours de différentes réunions, la naissance du dispositif « Un deuxième toit pour les apprentis en milieu rural » et le déclic se fait en une seconde !


Pour Colette et Jean-Pierre, « les gens doivent faire des efforts pour accueillir des apprentis et des stagiaires. Il faut donner l’exemple », insiste Colette.
Un deuxième toit pour les apprentis c’est un dispositif novateur pour l’emploi des jeunes et le développement des territoires ruraux. En effet, ce dispositif a pour vocation d’accompagner le jeune et sa famille à l’entrée d’un parcours en alternance. Son enjeu est triple : il permet de favoriser l’emploi des jeunes, également d’optimiser le développement économique des entreprises et exploitations et de contribuer à la dynamique des territoires ruraux.
Concrètement, il s’agit d’une offre de logement proposée à des jeunes en contrat d’apprentissage en milieu rural au sein d’une famille. Les porteurs du projet qui sont les Maisons Familiales Rurales accompagnées de la Fédération Familles Rurales, Habitat et Humanisme ainsi que la Mutualité Sociale Agricole ou encore la Fédération des Coopératives Laitières mettent en relation hébergeur et logeur avec un cadrage administratif. Libre ensuite aux familles de s’entendre sur les aspects financiers, de confort et d’organisation quotidienne.
Diane et Camille ont tous les deux été logés par la famille à des moments différents. Pour ces deux expériences, Colette reconnait qu’elle avait un rôle de seconde Maman. Ils avaient tous deux, fille comme garçon, le besoin d’être maternés et écoutés. Beaucoup d’échanges ont renforcé les liens, chacun à sa manière par des confessions de vie pas toujours évidentes ou encore des partages de savoirs, l’implication dans la vie d’apprenti avec chaque soir le détail de la journée passée. Tous deux, se sont investis dans la vie familiale mais aussi dans la vie associative du village et notamment le jeune garçon qui a participé à plusieurs événements locaux et de manière régulière (pratique de la marche nordique par exemple, chaque semaine). D’ailleurs, aujourd’hui Colette et Jean-Pierre entretiennent toujours des relations avec l’un d’eux se considérant comme « leur quatrième enfant », dit-il.
Colette et Jean-Pierre n’hésitent pas lors de la question « recommenceriez-vous ce type d’expériences ? ». La réponse est positive et justifiée par le fait qu’il faut donner l’exemple et que cela se multiplie.
La première expérience permet d’ajuster l’accueil des futurs jeunes accueillis et donc facilite la vie commune. Colette ajoute que c’est une expérience à favoriser pour les jeunes retraités ayant du temps à consacrer à cet accueil demandant du temps et de l’écoute.